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La question est programmée. Les Calédoniens devront dire, avant le premier référendum d'autodétermination, s'ils veulent conserver le nom actuel de leur pays ou en changer. Il y a probablement peu d'exemples d'un tel processus dans l'histoire. Bien des pays ont changé de nom au cours de leur histoire mais en grande majorité, ces changements ont résulté soit d'une décolonisation soit d'une révolution ou d'un changement de régime politique. Des situations correspondant à des ruptures alors que l'Accord de Nouméa nous propose d'aborder ce problème selon la méthode de la négociation….
Le moment venu, ceux qui vont être en charge de la question vont avoir à s'inscrire dans une des situations suivantes.



Le maintien du nom actuel « Nouvelle-Calédonie »

D'un point de vue financier, cette formule n'aurait bien sûr aucune incidence pour le pays. Mais d'un point de vue politique, ce choix ne satisferait pas les indépendantistes à moins qu'éventuellement, le nom du pays fasse l'objet d'un « échange » contre le drapeau proposé par le FLNKS.


L'adoption du nom proposé par les indépendantistes, « Kanaky »

Comme toutes les options qui aboutiraient à un changement du nom du pays, ce choix engendrerait un coût. Il faudrait en effet mobiliser des crédits pour financer toutes les modifications de documents officiels et les campagnes touchant à l'image de notre pays, notamment dans le domaine touristique.
Un tel choix aboutirait à un résultat contrasté dans la population calédonienne : satisfaction pour les indépendantistes qui y verraient une revanche sur l'histoire imposée que fût la colonisation, frustration pour la majorité des non-Kanaks qui se sentiraient « mis sur la touche ».


L'adoption d'un nom composé : « Kanaky-Nouvelle-Calédonie » ou « Nouvelle-Calédonie-Kanaky »

Sur un plan symbolique et politique, c'est une formule qui permettrait à toutes les parties de se sentir prises en compte mais qui illustrerait aussi leur difficulté à dépasser les oppositions et à se mettre d'accord sur une formule plus consensuelle…


L'adoption d'un nom d'origine kanak

Un tel choix présenterait un double avantage :
— en s'écartant des options « Kanaky » ou « Nouvelle-Calédonie », trop connotées historiquement et politiquement, on éviterait à l'une où l'autre des parties en présence de se sentir lésée
— choisir un nom kanak serait une façon de reconnaître que la Calédonie était déjà peuplée par les Kanaks au moment des premiers contacts avec les navigateurs Européens
On peut penser que le sénat coutumier jouerait un rôle important dans le choix de ce nom en langue kanak.
En se mettant d'accord sur cette formule, les Calédoniens feraient aussi la preuve qu'ils rompent avec un passé qui divisait et se tournent résolument ver l'avenir.
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